S'expatrier au Costa Rica : 3 histoires inspirantes!

HFCosta2019-2007.jpg

Mots de Sophie Geoffrion

Photos par Raphaëlle Rousseau de content content

Avec la collaboration d’Air Transat


Si seulement on pouvait abandonner nos tracas quotidiens et repartir à neuf ailleurs. De préférence dans un lieu idyllique, où nos journées seraient toutes de palmiers et de hamacs vêtues. Notre vie serait fabuleuse! Et c’est le coeur léger, soulagé des attentes de notre entourage et de la pression de notre société de performance, qu’on serait réellement #content.e.

Bien qu’on croit plus ou moins à un raisonnement aussi simpliste, refaire sa vie dans un autre pays est bel et bien une avenue envisageable, quoique remplie de défis. Si vous considérez une re-localisation ou si vous avez 9 minutes pour vous faire raconter de jolies histoires, scroll down amigos.


Fabrice et Miho

HFCosta2019-7239.jpg
HFCosta2019-7250.jpg
HFCosta2019-7233.jpg

Fabrice et Miho sont deux ex-professionnels de planche à voile qui se sont rencontrés en 2011 lors d’un championnat à San Diego, Californie. Lui d’origine française et elle japonaise, ils gèrent aujourd’hui un domaine magnifique nommé Pura Vista Hills où se trouve la villa qu’on loue pour nos retraites tropicales. Sur quelle vague ont-ils surfé pour aboutir dans cette parcelle d’univers irréelle? En discutant avec Fabrice, on a découvert un parcours modelé sur la chance, la passion et le travail.

Antiquaires de métier, les parents de Fabrice ont fait carrière en transformant de vielles fermes dénichées aux quatre coins de la France en jolies maisons champêtres. Fabrice, ses 2 frères et sa soeur ont donc partagé leur enfance entre la Normandie et la côte d’Azur. C’est d’ailleurs là, sur la côte d’Azur, que Fabrice apprend tout jeune à faire de la planche à voile - loin de se douter qu’il deviendrait un champion reconnu mondialement (true story). À 15 ans, il participe à un échange étudiant en Californie et bonifie son cursus scolaire de leçons de surf. À 18 ans, il bondit au-dessus du Pacifique pour atterrir à Hawaii, où il poursuit des études universitaires en gestion hôtelière et touristique.

C’est alors que le parcours professionnel hors du commun de Fabrice prend son envol. Il passe sa vingtaine à parcourir le monde à la recherche des plus beaux endroits de planche à voile, participant à de nombreuses compétitions au passage et se faisant rapidement un nom dans l’industrie. Au fil des ans, la rédaction d’articles pour des magazines sportifs et la création de vidéos adrénalinogènes se multiplient sur son curriculum vitae.

Fabrice pose pied en sol costaricain en 2004 dans le cadre d’un de ses reportages. Les copains d’Hawaii qui l’accompagnent lui présentent alors Philippe, un compatriote français, planchiste lui aussi. Vous savez, ces rencontres qui changent des vies? C’en fut une. Philippe possédait un terrain de FOU - pour reprendre les mots de Fabrice - de plusieurs centaines d’hectares dans la région de Guanacaste. Une poignée de main plus tard et Fabrice acquiert une portion dudit terrain avec l’idée d’y jeter l’ancre pour de bon, le temps venu.

Depuis son acquisition, Fabrice a investi temps, argent et énergie à aménager ses lots de terre et à construire les quatre maisons qui occupent maintenant le décor de Pura Vista Hills. En cours de route, peut-être grâce à leur propre expérience en développement immobilier, ses parents décident d’investir à leur tour dans le projet de fiston. Ainsi, en 2013, fatigué d’avoir voyagé intensivement pendant 15 ans, Fabrice vient s’installer de façon permanente au pays et gère à temps plein le patrimoine familial. Miho, quant à elle, mise le tout pour le tout et quitte le Japon pour venir vivre avec son Fabrice. Une bonne décision après tout, considérant qu’ils sont maintenant mariés et attendent leur premier enfant en mai!

Ce qui nous fascine de l’histoire de ce couple attachant est la façon dont plusieurs petits éléments anodins finissent par s’assembler pour former un tout parfaitement logique, comme l’aboutissement d’une évidence. Serait-ce ça, le destin? On n’a pas la réponse, mais on trouve que les chemins qu’ils ont chacun empruntés jusqu’ici ont mené à quelque chose de très beau qui - on ne vous mentira pas - nous donne le goût de verser une petite larme d’émotion.

Et pour la suite? Les deux expatriés élèveront leur petite fille au Costa Rica, car c’est maintenant là où sont leurs racines. On a déjà hâte de lui voir le bout du nez en février prochain à celle-là!

 

Maria

HFCosta2019-6865.jpg
HFCosta2019-6856.jpg

Maria est la massothérapeute qui délie les muscles crispés de nos contentes lors des retraites tropicales. Elle a grandi à Santiago, la capitale du Chili. Comme jeune adulte, elle travaillait pour une agence d’acteurs et de danseurs. Le rythme essoufflant du métier, la forte compétition et les égos démesurés de cette industrie finirent par la fatiguer malgré sa jeunesse. Elle avait soif de liberté et souhaitait changer de vie. Ainsi, à 25 ans, elle fuit et débute sa quête de la “perfect place”. Avec son sac à dos, elle voyage au Pérou, en Bolivie, en Équateur, en Colombie et au Panama. Mais un endroit parfait ne se découvre pas si facilement, c’est bien connu.

Poursuivant son périple au Costa Rica, elle intercepte un camionneur local et lui demande quelle serait la plus belle plage du pays, selon lui. “Playa Hermosa!” affirme-t-il, sûr de son coup. (Playa Hermosa signifie littéralement “belle plage” en espagnol… c’est prometteur!). Maria, convaincue, monte à bord et se laisse conduire jusqu’à cette étendue de sable à proximité de la petite ville de Jaco. Son chauffeur d’occasion n’était pas menteur, c’est réellement magnifique. Elle y reste 1 an!

La vie suit son cours, Maria se crée de nouveaux repères. Elle pratique le yoga à un lodge qui offre des séances guidées. Et c’est sur son tapis, entre deux asanas, qu’elle rencontre une massothérapeute américaine, amie du propriétaire de l’établissement. Le monsieur cherche justement des massothérapeutes pour compléter son équipe. Intéressée, Maria fait les formations nécessaires et commence à offrir ses services de massages, puis de professeure de yoga. 

Côté professionnel, tout roule. Côté personnel, Maria essuie une grosse déception amoureuse… mais ne perdez pas espoir, la fin est heureuse! Atterrée de s’être fait entourlouper par un Israélien butineur aux paroles mielleuses, Maria dissimule mal sa peine qui se fait remarquer par Jérémie, un français en vacances à la même place au même moment. Il offre à Maria un smoothie et une oreille pour l’écouter se vider le coeur.

Dans les jours qui suivirent, Maria retourne au Chili se guérir l’âme et retrouver son spark. Étrangement, son gentil confident qu’elle connait à peine lui manque. Ils correspondent en espano-franglais à presque tous les jours. (Fait attendrissant : Jérémie, pourvu de la motivation que seul un homme amoureux peut avoir, apprendra l’espagnol en 5 mois.) Lors d’une séance Skype, Jérémie propose de venir au Chili… “pour faire du surf”, dit-il. Maria accepte d’abord d’être son guide touristique, puis SON ÉPOUSE lorsqu’il fait la grande demande quelques semaines plus tard à bord d’un autobus chilien. Ils se font faire des bagues dans le désert et y célèbrent leurs fiançailles, la belle Maria vêtue d’une couverte traditionnelle convertie en robe.

Après avoir célébré leur mariage en France, le couple ne sait plus trop où se trouve leur vraie maison. Ils vivent un temps au Chili et en Équateur avant de revenir là où tout a commencé : au Costa Rica. Attirés par les vagues, la sérénité de l’endroit, les opportunités d’affaires et la présence d’amis, ils s’installent un peu plus au Nord, à Playa Negra. Ils s’y sentent libres et heureux. Finalement, ils ont trouvé leur “perfect place”.

Aujourd’hui, Maria, Jérémie et Noé - leur petit garçon magnifique qui crie “mamita!” quand il voit sa maman - ont leur propre éco-lodge où ils offrent tous les services auxquels un voyageur peut rêver : cours de yoga, massage, sorties de surf, aventures vers des chutes cachées, cuisine locale, etc. Le tourisme est leur façon de travailler ensemble sur un projet commun tout en gagnant leur vie.

Depuis ses noces, Jérémie n’est jamais retourné en France. C’est plutôt la France qui vient à lui, lorsque ses parents ont besoin de soleil et d’air salin. Maria est quant à elle retournée deux fois dans son pays pour présenter son enfant à sa famille. Après 10 ans comme expatriée, Maria nous révèle qu’elle commence tout juste à ressentir le mal du pays. Sa culture, sa langue (l’espagnol varie d’une région à l’autre) et ses neveux qui grandissent lui manquent. Le temps n’est pas encore venu de quitter le Costa Rica, mais l’idée est présente. Finalement, notre entretien avec Maria se termine sur ce sage constat qui ne va pas sans rappeler la morale de l’Alchimiste (Paulo Coelho) : “it’s funny in life because we run away [looking for our treasure], but it’s in ourselves”.

 

Manu

HFCosta2019-5583.jpg
HFCosta2019-6743.jpg

C’est avec l’eau salée jusqu’à la taille et en interrompant régulièrement notre entrevue pour plonger sous des vagues imposantes que Manu, le prof de surf officiel des retraites HF, nous a relaté sa biographie, du moins partielle. Originaire de Biarritz (Pays basque français), Manu fabriquait des planches de surf dans son ancienne vie. En 1989, lors d’un voyage au Mexique, il rencontre des voyageurs américains qui lui disent le bon mot sur le Costa Rica. Vendu! C’est sa prochaine destination : son billet d’avion vers San José est acheté.

Il faut croire que le pays lui a plu, car entre ‘89 et ‘92, Manu fait des aller-retours depuis la France pour passer environ 6 mois par année au Costa Rica. En 1992, il prend ses cliques et ses claques et s’expatrie officiellement. Dans ses premières années en tant que Tico (petit nom affectueux donné aux Costaricains), il enseigne le surf à l’hôtel Playa Negra. En 2000, il fonde l’école de surf de Playa Negra qui lui permettra d’initier des jeunes et moins jeunes de partout dans le monde à ce sport à première vue intimidant.

La légende ne raconte pas les circonstances exactes de sa rencontre avec la mère de ses enfants. Dommage, les romantiques que nous sommes auraient bien aimé rêver un peu! Ce qu’on sait toutefois, c’est que deux enfants sont nés de l’union avec cette dame brésilienne. Aujourd’hui âgés de 17 et 23 ans, les enfants de Manu vivent avec lui au Costa Rica et parlent 4 langues (français, anglais, espagnol et portugais). Sa fille travaille à Tamarindo. Son fils suit les traces de son père en visant une carrière de surfer professionnel.

Manu s’ennuie-t-il du vieux pays? Oui et non. Il rêve d’un plateau de charcuteries et de fromage de brebis, mais il se change les idées en buvant du vin chilien qu’on trouve facilement au Costa Rica. Depuis quelques années, il retourne aussi en France en juillet pour visiter son père. Il nous dit être toujours autant passionné par son travail après toutes ces années. Passion qu’on ressent bel et bien dans son enseignement dévoué et chaleureux.

Ce qu’on retient du parcours de Manu est l’importance d’être ouvert.e aux opportunités que la vie met sur notre chemin, car on ne sait jamais où une rencontre peut nous mener. Une seule conversation, comme celle que Manu a eue avec les voyageurs américains, a le potentiel de changer notre trajectoire.


Quel bonheur de mieux connaître ces 4 personnes captivantes avec qui on travaille à chaque année dans le cadre de nos retraites tropicales. Fabrice, Miho, Maria et Manu : merci pour votre générosité! On ravale notre nostalgie en se disant qu’on vous reverra dans 1 an!

En apprenant les histoires ci-hautes et en échangeant avec nos amis qui vivent l’expérience, on réalise que l’expatriation est loin du scénario romancé qu’on vous a peint en introduction. C’est vrai, certains climats sont plus cléments qu’un mois de janvier québécois. Certains emplois, moins stressants. Mais se déraciner et recommencer sa vie ailleurs - lorsqu’on en a nous-même décidé ainsi - est à la fois très enrichissant et très difficile. Il faut apprendre une nouvelle langue. Comprendre les moeurs d’une toute autre culture. Se faire de nouveaux amis. Accepter la distance qui nous sépare de notre famille. C’est un move énorme!

À notre humble avis, ce serait une erreur de penser qu’en déménageant à l’autre bout de la planète, nos problèmes s’évaporeraient, car bien souvent on les cultive en nous-même et ils risquent de nous suivre comme des p’tits parasites. Peut-être que oui, c’est ce qu’il vous faut. Comment pourrions-nous le savoir - nous ne sommes qu’une gang de contentes! Mais peut-être qu’un voyage suffirait à vous faire un grand bien. Ou qu’il est temps pour vous de changer de carrière. De mettre fin à une relation malsaine. Chacun a sa recette de bonheur, il n’y a pas d’approche one-size-fits-all. Ça vaut la peine de s’asseoir et de méditer là-dessus, n’est-ce pas?