Bien manger dans le respect de la planète

 

Avec tout ce qu’on peut lire sur le sujet, on commence à avoir une bonne idée de quoi mettre dans notre bouche pour faire de notre petite personne un organisme en santé. En prenant un peu de recul, on se rend toutefois compte de la contradiction d’avoir des individus en santé sur une planète malade. Donc, avec les cinq choix d’aliments sensés énumérés ci-dessous, on a eu envie d’élargir le concept de « bien manger » à une vision plus holistique dans laquelle on considère aussi le bien-être de nos frères et sœurs internationaux ainsi que des autres espèces vivantes avec qui on partage cette belle surface terrestre.

 

Les légumineuses

L’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a élu 2016 l’année internationale des légumineuses! Tout un honneur pour des petites bines sans prétention. Sans blague, les légumineuses méritent amplement qu’on reconnaisse leur potentiel immense. De un, elles sont pas mal le top, point de vue nutrition : faibles en gras et remplies de fibres, de protéines et de nutriments! De deux, elles offrent un net avantage pour l’environnement. Parce que les légumineuses sont souvent consommées en remplacement des protéines animales, leur production permet d’épargner une quantité considérable d’eau, restreint la surface de terre cultivée et limite les émissions de gaz à effet de serre. À titre de comparaison, un kg de bœuf produit 13,5 FOIS PLUS d’équivalents CO2 que la même quantité de légumineuses ou de tofu. Puis, les lentilles, haricots, pois secs et pois chiches sont des plantes qui grâce à une association symbiotique avec de bienfaisantes bactéries, parviennent à fixer l’azote atmosphérique. Ceci contribue à rendre les sols plus fertiles, limitant ainsi la nécessité d’épandre des engrais chimiques.

 

Le chocolat et le café équitable

Il y a certains produits pour lesquels il vaut la peine de payer plus, quitte à en consommer moins. C’est entre autres le cas du chocolat et du café. En déboursant pour des marques certifiées équitables, on a l’assurance que nos dollars soutiendront les communautés productrices et n’iront pas droit dans les poches de multinationales déjà pleines aux as. En effet, le commerce équitable assure des conditions de travail acceptables (pas d’esclavage ni d’exploitation d’enfant… le minimum d’humanité, quoi!), promeut l’égalité homme-femme et favorise l’accès à l’éducation et aux soins de santé dans l’hémisphère sud. En considérant tous ces facteurs, laissez-nous vous dire que votre latte & chocolat noir équitables seront d’autant plus succulents! À noter que le même principe s’applique aussi à d’autres aliments comme les bananes ou le thé, par exemple.

 

(L’absence de) l’huile de palme

À cause de sa haute teneur en acides gras saturés, l’huile de palme est l’un des rares corps gras d’origine végétale à avoir une consistance solide à la température de la pièce. Bien que ce type de gras ait des effets néfastes pour la santé, l'huile de palme est largement utilisée par l’industrie agroalimentaire pour son prix avantageux et ses propriétés fonctionnelles. On en retrouve dans une énorme proportion des aliments transformés vendus en épicerie : chips, tartinade chocolat et noisette, soupes, céréales, chocolat, etc. Or, pour produire de telles quantités d’huile de palme, les planteurs de palmiers à huile brûlent des surfaces inimaginables de forêt tropicale, principalement en Malaisie et en Indonésie. Cette déforestation altère grandement la biodiversité de ces régions et menace même la survie de l’orang-outan. Bref, parcourez les listes d’ingrédients et tentez de choisir des produits dépourvus d’huile de palme.

 
Indonesia’s Last Orangutans, Sandra Hoyn, Word Press Photo 2015.

Indonesia’s Last Orangutans, Sandra Hoyn, Word Press Photo 2015.

 
 

Les poissons responsables

Le poisson, c’est rapide à préparer, délicieux et bon pour nous. On le sait. Or, la pêche de certaines espèces est moins douce que d’autres pour la santé des océans. Alors que certains poissons sont surpêchés (ex : aiglefin), menaçant carrément la survie de leur espèce, d’autres sont récoltés selon des méthodes industrielles qui détruisent les fonds marins (ex : flétan) ou ramassent au passage d’innocentes victimes comme des tortues ou des dauphins (ex : thon). Et parallèlement à ces pratiques inquiétantes, d’autres poissons sont produits en aquaculture à système ouvert, soit un genre de champ aquatique où pousse magiquement du poisson à la tonne tandis que les excréments, antibiotiques et pesticides sont déversés directement dans l’environnement, polluant ainsi les environs (ex : saumon de l’Atlantique). Découragée? Faut pas! Plusieurs braves poissons sont issus de pêche durable ou de culture responsable (ex : tilapia, pangasius) et il existe même des applications mobiles et ressources en ligne pour nous indiquer lesquels!

 

Les crevettes nordiques

Les crevettes, c’est sérieusement délicieux et ça nous briserait le cœur de devoir s’en abstenir. Mais, comme pour les poissons, certaines crevettes sont plus honorables que d’autres. C’est le cas des crevettes nordiques (aussi nommées «crevettes de Matane ») qui sont pêchées de façon responsable ici-même, dans le Golf du Saint-Laurent. Ces petites bêtes sauvages n’ont rien à voir avec les crevettes tropicales provenant de différents pays asiatiques. Cultivées en système ouvert dans de grands bassins construits par l’homme, ces dernières détruisent les mangroves (un type d’écosystème important que l’on retrouve en bordure des océans dans les régions tropicales), nuisent aux populations locales et impliquent même de l’esclavage (!!!) dans le processus. Comme quoi le bon prix affiché sur un gros sac de crevettes thaïlandaises EST EFFECTIVEMENT trop beau pour être vrai. Quelqu’un quelque part en a malheureusement payé le prix.

 

Si vous avez envie d’en apprendre davantage sur l’impact environnemental de votre alimentation, on ne saurait assez vous recommander le très instructif livre « Sauver la planète une bouchée à la fois » de notre ami Bernard Lavallée (Le Nutritionniste urbain) ou encore « L’Envers de l’assiette » de Laure Waridel.

 

 
 

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