Collabo HF x Les Capricieuses : 5 mythes courants en nutrition et en entraînement

Texte par Sophie Geoffrion et Chloé Rochette

 

Aaaah les zinternets… Là où tout le monde a le pouvoir de partager de l’information et s’improviser expert dans le sujet de son choix. Aujourd’hui, suite à notre petite discussion avec Les Capricieuses, on vous donne l’heure juste sur 5 préconceptions courantes en nutrition et entraînement. (Texte plus bas)

 

 

 Mythe #1 : Manger le soir fait grossir

 Cette affirmation peut être vraie tout comme elle peut être fausse, ça dépend! Notre poids n’est pas l’affaire d’une seule journée. C’est une moyenne qui tient compte de la qualité et quantité d’aliments que l’on mange quotidiennement (input) ainsi que de l’énergie que l’on dépense de jour en jour (output). Pour être exactes, les numéros qui s’affichent sur ta balance subissent également l’influence du niveau d’hydratation, des réserves d’énergie stockées dans le foie et les muscles, de variations hormonales, de l’historique de poids antérieur, de certains médicaments, de conditions de santé particulières et on en passe. Toutefois, il est scientifiquement prouvé que le corps ne possède pas de connexion sans fil avec une horloge magique lui indiquant que passé  20h, c’est le temps d’élargir. Donc, ce n’est pas un yogourt grec et des fruits ou une tartine à l’avocat engloutis après un souper léger et une séance de gym qui feront prendre du poids (au contraire). Par contre, si piger dans le bol de trail mix devant la télé après un souper au resto et une longue journée assise devant l’ordi est une habitude récurrente, oui il est effectivement probable que cela modifie le poids vers la hausse sur le moyen-long terme.  

Solution : Ne te couche pas affamée, par pitié! Mange des aliments sains lorsque la faim physique se manifeste, puis arrête lorsque tu es rassasiée et ce, peu importe l’heure du jour.

 

Mythe #2 : Le cardio c’est pour gérer son poids, la musculation, c’est pour raffermir

Faux. Les avantages de l’entraînement musculaire sont LOIN de se limiter au simple « raffermissement des courbes ». Effectivement, d’une amélioration de la posture au maintien de la santé des os en passant par la prévention des blessures - lesquelles sont souvent liées à des déséquilibres musculaires, la musculation a plus d’un tour dans son sac. Sans parler du fait que c’est pas mal cool d’être capable d’ouvrir son pot de salsa sans l’aide d’un(e) comparse de force supérieure.


Qui plus est, point de vue gestion de poids (lire gestion de santé) la musculation est très bénéfique, voire même essentielle. Notamment pour deux raisons :

1- Petit boost du métabolisme de base : Ton corps a besoin de plus d’énergie pour maintenir ta masse musculaire que pour maintenir ta masse adipeuse. Or, plus la proportion muscles/gras est élevée, plus ton corps dépense de calories pour faire fonctionner jour et nuit. Oui, même quand tu dors !

2- EPOC : EP-Quoi ? EPOC : acronyme du terme anglophone Excess post-exercise consumption. En gros, c’est un phénomène qui se passe quand tu finis de t’entraîner et que ton corps doit faire des heures supplémentaires pour rétablir son homéostasie, point d’équilibre biologique où ton corps est confortable. Bref, pour récupérer et revenir à son état pré-exercice, ton corps consomme plus d’oxygène et, par le fait même, plus d’énergie (calories) qu’à l’habitude. L’entraînement musculaire produit plus de réponses EPOC qu’un entraînement cardiovasculaire à faible intensité et te permettra de brûler des calories même après ton entraînement. 

Solution : Peu importe ton objectif, assure-toi d’intégrer le cardio et la musculation dans ton programme d’entraînement. Ils sont tous deux indispensables au maintien d’une bonne santé.

 

Mythe #3 : Il est bon de détoxifier son corps une fois par année

La réponse : Faux. Inutile de vouloir se nettoyer l’intérieur, car celui-ci n’est pas sale. Dieu merci, nous possédons de merveilleux organes qui roulent 24h sur 24 pour s’assurer qu’on ne s’empoisonne pas avec nos propres « toxines ». Ainsi, certains organes clés tels que le foie, les reins, les poumons et le système digestif sont dotés d’enzymes (une enzyme est un genre de pacman qui gobe une molécule X pour la transformer en molécule Y) qui traitent ce que l’on ingère de façon à ne garder que l’essentiel (ex : les vitamines) et rejeter les composés inutiles ou nuisibles (ex : les déchets métaboliques). Bien faites, ces petites bêtes-là. Par ailleurs, tout comme un mode de vie malsain, une détox restrictive prolongée cause son lot de problèmes, elle aussi.

Solution : Si tes habitudes des derniers jours ou semaines n’ont pas été exemplaires, inutile de te torturer avec une cure pour apaiser ton moral. Garde plutôt ton argent pour un futur voyage à la mer. Vas prendre une marche. Respire un bon coup. Puis, mange des aliments sains et non transformés, à ta faim (ni plus, ni moins).

 

Mythe #4 : Il faut s’étirer avant un entrainement pour diminuer le risque de blessure et après pour éviter les courbatures

Faux. Si ton prof d’éducation physique du primaire te faisait toucher tes orteils à répétition en guise de réchauffement pré-game de ballon chasseur, il avait tout faux. Comme on a longtemps cru que c’était la chose à faire, on ne peut le blâmer. Or, aujourd’hui plusieurs études démontrent que de s’étirer de façon statique (ex : tenir une pose pour 30sec) diminue la force de contraction maximale des muscles durant l’effort et n’aide en rien à prévenir les blessures.

 
Solution : Opte plutôt pour des étirements dynamiques (ex : marche talons aux fesses/genoux hauts) afin d’activer tes muscles et de les préparer à l’effort. Garde les étirements statiques pour après l’effort. Le meilleur moment pour engloutir un croissant, c’est tout droit sorti du four alors qu’il est tout chaud. C’est pareil pour tes muscles. Post-entraînement est le meilleur moment pour t’étirer si ton but est d’améliorer ta flexibilité. Par contre, si tu as comme objectif de diminuer les courbatures du lendemain, ne perds pas ton temps avec une séance d’étirements. Ton mal de jambes est dû aux micro-déchirures créées dans tes muscles durant l’exercice et ce n’est pas en faisant la split que tu réussiras à les réparer.

 

 Mythe #5 : Dormir aide à gérer son poids

 Étonnant, mais bien vrai : passer de 7 ½ à 8 ½ heures à l’horizontal les yeux fermés dans ton lit peut t’aider à gérer ton poids. Fantastique, non? En effet, c’est en dormant que sont régulées les principales hormones de la faim (la ghréline et la leptine). Un manque de sommeil stimulerait l’appétit et certaines données indiquent même que la fatigue altèrerait les choix alimentaires en augmentant l’envie d’aliments « plaisir » (mmm…  des brownies). D’ailleurs, plus d’heures d’éveil signifie aussi une plus grande durée d’exposition à ton frigo et plus d’opportunités de manger. Côté activité physique, la privation de sommeil décroit nos performances sportives et augmente nos chances de carrément laisser tomber notre entraînement de la journée. Finalement, dormir suffisamment aide à garder sa masse musculaire heureuse et donc, à entretenir son métabolisme de base – une composante essentielle de la gestion du poids.

Solution : Réserve un bloc d’au moins 7 heures dédiées au sommeil dans ta journée. Tu manques de temps? Nous sommes d’avis qu’en étant bien reposée, tu pourras accomplir plus en moins de temps. On peut donc considérer une bonne nuit de dodo comme un investissement qui rapporte gros!  

 

Pour finir, il est primordial de faire preuve de vigilance et de faire appel à son esprit critique lorsqu’exposée à des affirmations concernant l’entraînement ou la nutrition. Primo, parce qu’il s’agit de domaines où les réponses sont très rarement absolues et dépendent de plusieurs facteurs. Secundo, parce qu’il est question de ta santé ! Alors de grâce, utilise ton gros bon sens et ne prends rien pour du cash.

 

merci aux capricieuses pour cette belle collabo!

 

 

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