L'importance de se mettre au régime (ou PAS)

 

Pose-nous une question sur la nutrition ou l’entraînement et la réponse sera toujours « ça dépend ». Un exemple : Faut-il se mettre au régime? Ça dépend! Décevant comme réponse, on le sait. D’abord, ça dépend de ta définition de « régime ». Ensuite, quand on traite de sujets aussi multifactoriels que le poids et la santé, la réponse ne peut assurément pas être blanc ou noir. Tout est question de zone grise, de nuance. Nous allons tout de même plonger tout droit dans la thématique des régimes en peignant deux tableaux, sur lesquels tu reconnaitras possiblement ton portrait, puis en proposant nos solutions signées HappyFitness.

 

 

Premier scénario : Des habitudes à changer et du poids à perdre

 

Nouvelle fracassante : un surpoids qui origine de mauvaises habitudes de vie est nuisible pour la santé. Donc, si au fil des ans, un humain X accumule les kilos en remplissant son corps de simili aliments sucrés-salés-gras, en l’imbibant d’alcool et / ou en le privant de toute forme d’activité physique, alors oui, des démarches pour prendre sa santé en main lui sont hautement recommandées. C’est une question de vie ou de mort, littéralement.

Quel genre de démarche ? Certainement pas un régime, car on te le dit d’avance, ça ne marchera pas. En effet, tel que définit par la culture populaire, le mot « régime » réfère à des efforts alimentaires intenses fournis sur une courte période afin de mener rapidement à des résultats époustouflants. Perdez 20 livres en 2 semaines, nous promet-on. Or, la science le démontre, la perte de poids induite par de tels régimes n’est hélas jamais maintenue bien longtemps [1].

Pourquoi pas? D’une part, parce que des restrictions trop sévères épuisent rapidement notre réservoir de motivation et n’aident en rien à établir de la constance dans les saines habitudes nouvellement acquises. D’autre part, car notre corps s’objecte à toute perturbation potentiellement dangereuse de son homéostasie, ce point d’équilibre biologique où il est confortable (et ce, indépendamment du poids). Donc, si l’on diminue sa ration alimentaire brusquement, notre organisme enclenche des mécanismes de défense enzymatiques et hormonaux visant à freiner la perte de poids pour faire face à la famine auto-infligée. À noter : un mécanisme semblable nous empêchant de PRENDRE du poids n’existe pas (la vie est injuste).

Bref, il ne faut pas s’attendre à ce qu’une masse adipeuse qu’on fait fructifier tranquillement durant des années chute en seulement 14 jours grâce à un régime miraculeux. Ton corps n’est pas un marché financier et la perte de poids durable n’est pas un krach.

Alors que faire pour améliorer son bien-être et sa santé? On y arrive, patience.

 

Deuxième scénario : De bonnes habitudes et un poids stable

 

Prenons un deuxième humain qui possède toutes les cartes suivantes à son jeu : non fumeur, savoure du bon vin avec modération, mange généralement bien, prend plaisir à bouger un peu-beaucoup-passionnément à tous les jours, possède un poids qui ne joue pas au yoyo. Eh bien, cet humain se met dans les bonnes prédispositions pour gagner à la game de la santé. Alors, peu importe le format dudit humain, si toutes les chances sont déjà de son côté, en quoi un régime serait-il à son avantage?

Dans ces conditions-là, avant de chercher à mincir à tout prix en adoptant un régime-tout-cuit-dans-le-bec, prends un moment pour bien y penser. On dit que l’atteinte du bonheur est l’objectif ultime de toute existence [2]. Le vrai bonheur; le bonheur profond qu’on cultive activement au fond de soi. Pas le plaisir volatile fondé sur des éléments externes, parfois inatteignables, comme la richesse, la popularité ou un corps parfait. Maintenant, imagine-toi avec 10, 20, 30 livres en moins. En quoi ta vie serait-elle différente? Jusqu’où iras-tu avant d’être satisfaite, à quel prix? L’amincissement – si tu y arrives, ce qui n’est pas garanti – te transformera-t-il en personne meilleure, plus aimée et plus aimante? Évidemment, non.

Poursuivre un objectif qui ne nous sert pas, c’est utiliser notre temps et notre énergie mentale de façon 100% contre-productive. On s’impose nous-même du stress et de la pression inutile. Et puisque les régimes ne fonctionnent pas de toute façon (tel que mentionné plus tôt), on multiplie les échecs causant à notre estime de soi de sérieux désagréments.

Tout cela, sans compter qu’en adhérant à des règles alimentaires strictes et restrictives, on se prive de bien plus que de simples calories : l’alimentation perd son essence de plaisir, de partage et d’amour pour se métamorphoser en comportement objectif et rationnel (et qu’on se le dise, ben ben plate).

 

 

Pas de panique : voici des solutions

 

Tu l’auras deviné, on n’est pas fan des régimes. On comprend que l’idée de manger comme nos ancêtres paléolithiques est pour le moins intrigante. Que le jus de betterave a une couleur hypnotisante qui fait rêver d’un monde meilleur. Qu’un remède à base de kale pour désacidifier notre sang semble vital. Reste que, à notre avis, entreprendre l’un ou l’autre des centaines de régimes qui existent revient à espérer « une solution simple à un problème complexe [3] ». Ça donne une impression rassurante de focus et d’encadrement.

Mais bonne nouvelle : si c’est ce que tu recherches, voici quelques règles souples pour guider tes choix alimentaires, sans stresser. La prochaine fois qu’une envie violente d’adopter un régime te prendra, rends-toi service et choisis ces alternatives HF à la place (plus l’fun et pas mal plus efficace)!

 

1) Tough Love et constance:

Dire qu’un régime est inefficace n’est pas une incitation au laisser-aller. C’est vrai qu’aller marcher ou courir sur la montagne est plus difficile qu’une soirée cinéma. Mais sacrifier son petit confort immédiat pour un bien-être intégral de sa personne, c’est un investissement qui en vaut la chandelle. Et garde en tête la notion de constance : l’idée n’est pas d’aller se donner mal au cœur 1 heure par mois au crossfit, mais de prendre plaisir à bouger suffisamment au quotidien!

 

2) Quoi manger?

Hydrate-toi convenablement et nourris-toi à partir d’ingrédients peu transformés comme des fruits et légumes frais, des protéines maigres, des grains entiers, de bonnes sources de calcium, des bons gras et des gâteries à l’occasion. Tout est question d’équilibre, de variété et de gros bon sens, finalement!

 

 3) Comment manger?

Il est théoriquement possible de grossir en mangeant santé tout comme il est possible de maigrir en mangeant de la scrap. Comme quoi, le point 2 ne suffit pas pour bien gérer son poids. Donc, il vaut parfois mieux écouter un peu moins sa tête et un peu plus son corps. As-tu faim? Non : attends à plus tard (même si c’est l’heure du lunch). Oui : mange lentement en portant ton attention au contenu de ton assiette (lequel devrait être délicieux) et à ta sensation de rassasiement. C’est ce qu’on appelle le mindful eating ou alimentation intuitive (on y revient dans un prochain article).

 

En conclusion, si tu te reconnais dans le premier scénario, on te conseille d’agir graduellement sur tes habitudes de vie, en priorisant la constance plutôt que les résultats rapides et éphémères. Sois indulgente et patiente avec toi-même : un mode de vie sain se tricote une maille à la fois! Si tu es à l’image du second portrait, fais un effort conscient pour remettre les choses en perspective et apprends à lâcher prise : ton poids n’est pas le résumé de ta personnalité. La minceur n’est pas un objectif de vie, le monde a tant à offrir!

 

[1] 95% des régimes échouent après 5 ans et 60% reprennent encore plus de poids. 

[2] Matthieu Ricard, Plaidoyer pour le bonheur. 

[3] Yoni Freedhof, pour expliquer la popularité du régime sans gluten. 

 

 

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