LE TEMPS DES RÉCOLTES

 

Septembre, c’est la rentrée des classes pour certains (chanceux!) et la saison des récoltes pour tous. Pourquoi choisir des fruits et légumes en saison? Parce qu’ils sont mûris dans leur environnement naturel, cueillis à point et sont synonymes de fraîcheur : moins de transport, moins de temps d’entreposage. Non seulement le goût sera meilleur, mais leur contenu en nutriments sera optimal aussi. À titre d’exemple, le contenu en vitamine C des poivrons rouges, tomates, abricots et pêches est plus haut lorsque cueillis à pleine maturité. Ceci est entre autres du au fait qu’ils ont bénéficié de davantage d’heures d’ensoleillement. Nous avons aussi avantage à les consommer rapidement, car les fruits et légumes commencent à perdre leurs nutriments (c.-à-d. leurs superpouvoirs) dès leur cueillette. C’est notamment le cas de nos épinards qui, après une semaine dans le frigo, auront perdu la moitié de leur folate (vitamine B9) et presque la moitié de leur vitamine C et caroténoïdes. Bref, on gagne beaucoup à consommer les fruits et légumes frais en saison.

 

Le MAPAQ a produit ce super outil qui inclut un calendrier des disponibilités des fruits et légumes et des tableaux sur la durée de conservation des fruits et légumes. Vous pouvez également consulter le site web des Marchés Publics. Ils annoncent à chaque semaine les nouveaux arrivages, où vous pouvez vous les procurer et en prime, il y a de superbes recettes! D’ailleurs, avec toute cette belle abondance, pourquoi ne pas se donner le défi d’introduire dans notre panier un nouveau fruit ou légume du Québec par semaine?

 

 

 

BIO VERSUS LOCAL!

 

Bon, ça y est, on vous a convaincu de courir au marché public le plus proche, là où les fruits et légumes abondent. Vous voyez les aliments bio, les locaux, les réguliers. Vous voulez achetez bio ET local, mais ce n’est pas toujours possible. Quoi choisir?  Qu’est-ce qui vaut la peine?

 

À savoir : 

  • Qu’est-ce qui est considéré comme local? Selon le mouvement locavore, on fait référence à des aliments cultivés dans un rayon de 160 km (100 miles). Mais, l’Agence canadienne d’inspection des aliments vient d’entrer dans la vague et permet à un aliment d’être étiqueter comme local s’il est produit dans la même province qu’il est vendu, ou dans un rayon de 50 km (pour ceux cultivant proche d’une frontière interprovinciale).


  • Il n’y a pas pour le moment suffisamment de preuves scientifiques que les aliments bios sont réellement plus nutritifs. Ils contiendraient légèrement plus d’antioxydants, de fer et de magnésium, mais cette mince différence par rapport aux aliments conventionnels n’est pas significative sur le plan de la santé humaine.

 

 

AVANTAGES DE CONSOMMER BIO

 

1) Directement et indirectement, c’est bon pour la santé! De un, l’exposition aux pesticides est néfaste pour la santé. De deux, parce que c’est un mode d’agriculture qui respecte et contamine moins l’environnement. Tout le monde en ressort gagnant (même votre oncle qui rit de votre amour des produits bios).

 

2) Parce qu’on aime les animaux. On peut être carnivore ou flexitarien et être tout de même pour le respect des droits des animaux et contre les conditions d’élevage abusives.

 

3) Pas de pesticides, hormones de croissance, fertilisants artificiels, produits chimiques ou semences OGM. Est-ce qu’on a besoin d’en dire plus?

 

AVANTAGES DE CONSOMMER LOCAL

 

1) Encourager l’économie locale et par le fait même, obtenir une meilleure offre de produits. Seulement 1/3 des aliments que nous achetons proviennent de notre belle province! Selon Équiterre, au Québec, une ferme disparait chaque jour. Ça fait réfléchir…


2) Parce que ça goûte bon, surtout quand c’est en saison. Les fruits et légumes n’ont pas été cueillis avant le temps pour pouvoir supporter leur long transport. Ils ont donc eu le temps de murir naturellement et à point.


3) La courte distance à parcourir entre la ferme et votre assiette réduira votre empreinte écologique.

 

 

RETOUR À NOTRE DILEMME

 

Il est peut-être classique, mais il a toujours sa place : Vous avez le choix entre de grosses fraises bio de la Californie, ou bien une belle chopine de fraises québécoises (non bio). Que faites-vous? D’un côté, le transport des fraises en provenance de la Californie va engendrer beaucoup d’émissions de gaz à effet de serre. De l’autre, des pesticides et autres produits chimiques ont pu être utilisés pour produire les fraises d’ici. Le transport des fraises états-uniennes demandera en fait de 4 à 17 fois plus de carburant pour le transport que nos fraises d’ici. L’avantage écologique du bio ne fera donc plus le poids. En plus, vos fraises du Québec seront indéniablement plus fraiches, non sur-emballées, plus goûteuses et vous donnerez un coût de pouce à l’économie québécoise!

 

 

COMMENT RÉDUIRE SA CONSOMMATION DE PESTICIDES ET DE CONTAMINANTS

 

1) Acheter bio.

2) Cultiver si possible ses fruits, légumes et fines herbes sur son balcon. La laitue, ça pousse magiquement dans un pot ; vous la coupez et il y en a toujours plus!

3) Acheter des produits canadiens : nos normes sur la concentration de résidus de pesticides permis sont beaucoup plus serrées que plusieurs pays au sud de notre frontière. 

4) Pour les aliments consommés avec la pelure, prenez soin de les nettoyer soigneusement avec une brosse.

5) Le Environmental Working Group répertorie chaque année les fruits et légumes ayant le plus de résidus de pesticides (la liste Dirty Dozen PlusTM) et ceux en ayant le moins (Clean Fifteen PlusTM). Lorsque possible, consommez les aliments de la liste Dirty Dozen PlusTM en version bio :

tableau dirty dozen

Dernier truc et non le moindre : ayez une alimentation riche et variée en fruits et légumes. Ils aideront votre corps à se défendre ;)

 

 

INITIATIVES POUR MANGER LOCAL OU BIO

  

  • Marché Fermier de l’UQAM : Nouvelle initiative qui débute dès cette semaine! Ici tous les aliments sont bio et locaux. Non seulement y vous trouverez des fruits et légumes, mais aussi de la viande, du pain, du miel et des cosmétiques. Il y a aussi un service de traiteur, donc vous pouvez prendre un moment pour y casser la croûte. Du 10 septembre au 12 novembre, tous les mercredis, de 12h à 18h. Sur la Place Pasteur (Saint Denis / Maisonneuve     

 

  • Bonne boîte bonne bouffe : De mai à septembre, c’est la totalité des légumes et une partie des fruits du panier qui sont cultivés au Québec. D’octobre à avril, le ratio descend, mais il reste que presque la moitié du panier est d’origine québécoise. Ils offrent un excellent rapport qualité/quantité/prix. Plusieurs points de chute sont offerts, la livraison est à chaque deux semaines. Vous passez au point de chute au moins un semaine à l’avance pour commander et vous commandez seulement quand vous le désirez. Dur de faire plus flexible!

 

  • Ferme Lufa : La première ferme commerciale sur un toit au monde, c’est Montréal qui l’a. La Ferme Lufa offre un service de paniers hebdomadaires livrés au point de cueillette de votre choix. La fraîcheur est au rendez-vous, les aliments que vous recevez ont été cueillis le matin même. Les produits ne sont pas certifiés bio, mais sont cultivés sans pesticides, herbicides ou fongicides synthétiques. Psst! Nouveau minimum pour les commandes de 15 $

 

  • Pousse l’ananas : Situé sur la rue St-Hubert dans Rosemont-Petite-Patrie, Pousse-l’ananas offre un service de panier de fruits et légumes hebdomadaire. La grande majorité des produits se trouvant dans les paniers sont québécois. Vous commandez seulement les semaines que vous désirez.

 

  • Fruixi : Marché mobile (sur triporteurs!) de fruits et légumes et est une initiative du Carrefour alimentaire Centre-Sud. Les fruits et légumes, vendus à prix concurrentiels, proviennent à 95% de fermes se situant dans un rayon de 100 km autour de Montréal.

 

  • Paniers bios Équiterre : Système de paniers hebdomadaire auquel on s’inscrit pour la saison et que l’on récupère à un point de chute, on s’inscrit pour la saison. Tous les fermiers sont certifiés biologiques ou en voie de le devenir. À noter, des changements ont été apportés à la formule et le système est plus flexible que jamais

 

  • Tout nouveau tout chaud : Les Bio Locaux. Ok, ici meilleur des deux mondes : comme le nom l’indique, les aliments sont bio ET locaux. Six fermiers de famille se sont regroupés afin de pouvoir offrir une plus grande variété de produits bios. À tour de rôle, ils s’occupent de vendre les produits disponibles, vous avez donc en plus la chance de discuter avec les producteurs. Vous pouvez les rencontrer au Marché Jean-Talon du jeudi au dimanche.

 

LE MOT DE LA FIN

 

L’ultime solution pour renouer avec nos racines est définitivement l’autocueuillette. Trop souvent, on oublie d’où viennent nos aliments et le chemin qu’ils ont à parcourir pour arriver à notre table, combien ils sont précieux, pourquoi il faut cesser de gaspiller. Et l’autocueuillette au Québec, ce n’est pas seulement les fraises et les pommes, c’est aussi les framboises, bleuets, poires ainsi que tous les légumes des champs dont nos magnifiques courges.

 

Chaque achat que l’on fait compte, on peut changer le visage de l’agriculture biologique et de l’agriculture québécoise. À titre d’exemple, le Nutritionniste Urbain a soulevé cette statistique d’Agri-Réseau : « si chaque Québécois remplaçait 30$ par année d’aliments étrangers par des aliments produits ici, le Québec récolterait plus de 1 milliard de dollars en 5 ans ». Selon Équiterre, remplacer 20$ d’achats de produits de l’extérieur par des produits québécois, permettrait de créer plus de 100 000 emplois. Peut-être qu’on ne peut pas tout le temps acheter bio ou local, mais ça peut aider de jeter un coup d’œil au calendrier des récoltes et de préparer sa liste d’épicerie en conséquence. Même si c’est seulement un seul légume, faites-en la vedette de vos repas de la semaine!

 

Et n’oubliez pas : que l’on mange bio, local, ou « régulier », on gagne toujours à consommer davantage de fruits et de légumes!

 

 

 

RÉFÉRENCES

 

Agri-Réseau   

Bernard Lavallée : Le 27 août c’est tous les jours!, 28/08/2014  

ConseilsNutrition.tv : Pour des fruits et légumes au top de leurs vitamines.   

Dumas Y, Dadomo M, Di Lucca G, Grolier P. Review. Effects of environmental factors and agricultural techniques on antioxidant content of tomatoes. J Sci Food Agric. 2003; 83: 369–382.

Environmental working group : EWG’s 2014 shopper’s guide to pesticides in products.   

Équiterre   

Extenso : 5 vérités sur les aliments biologiques, 28/10/2013.   

Extenso : Connaissez-vous Les Bio Locaux?, 24/07/2014.  

Extenso : Fruits et légumes bio: lesquels choisir?, 28/11/2012.  

Extenso : Le mouvement locavore ou l’art de manger local, 17/01/2013.  

Extenso : Un produit bio, c’est quoi?, 28/03/2013.  

Hélène Laurendeau : Petit lexique du mangeur local, 26/06/2014.  

IDDPNQL : Réduire votre empreinte par l’alimentation.

Lee, SK, Kader, AA. Preharvest and postharvest factors influencing vitamin C content of horticultural crops. Postharvest Biol Technol. 2000; 20: 207–220. 

Marchés publics de Montréal  

MAPAQ : Les fruits et légumes du Québec à volonté!  

Passeport Santé : Valeur nutritionnelle des aliments bios, ça se discute!, 10/08/2009

S. Pandrangi, L.F. Laborde. Retention of Folate, Carotenoids, and Other Quality Characteristics in Commercially Packaged Fresh Spinach. Journal of food science. 2004; Vol 69 :9 : 702-707.

 

 

 

 


 

 

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