Défi 500 sucres : cinq jours sans sucre ajouté

Sirop d’érable, pouding chômeur et autres pacotilles… les Québécois ont culturellement un bec sucré qui s’assume. Après tout, qu’y a-t-il de mal à une petite douceur de temps en temps? Voilà justement le problème.


Notre définition du « temps en temps » prend de la bédaine elle aussi, alors qu’on se gâte un p’tit dessert à chaque fin de repas par habitude et que l’on résiste difficilement aux fragrances vanillées de notre environnement obésogène, où une sucrerie séduisante nous fait de l’oeil à chaque mètre carré.

Sans nier le pouvoir individuel que chacun de nous possède envers ses propres choix alimentaires, une accumulation de preuves scientifiques et de témoignages dépeint le sucre comme un poison toxique au potentiel hautement addictif. Ajoutons à cela le rôle de l’industrie qui injecte cette drogue goûteuse à un éventail bien répandu de produits que l'on soupçonnait être bons pour nous (sauce tomate, yogourt, pain, etc.) et nous voilà tous aussi junkie qu’un héroïnomane.  

Pas de panique!

Affirmant notre refus de dépendre physiquement et mentalement de quelconque substance que ce soit et inspirées par le récit A Year of No Sugar d’Eve O. Shaub - cette femme extraordinaire du Vermont qui a éliminé presque tout sucre ajouté de l’alimentation de sa famille pendant un an complet – les filles de HappyFitness reprennent le contrôle sous forme de défi : le Défi 500 sucres, c’est-à-dire 5 jours complets sans aucune des plus de 500 sources de sucre ajouté. Plus compliqué que ça en a l’air, qu’on se le tienne pour dit.

Pas facile! Comment faire?

Pas facile en effet, car ce défi implique de repenser complètement la façon dont on fait l’épicerie, cuisine et mange à l’extérieur de la maison. Nutritionniste en mission, voici 5 règles à suivre pour vaincre votre malicieuse dent sucrée et vous aider à « purifier votre sang » d’une glycémie un peu trop sur le party:

 

1.  Couper le sucre, tout simplement

Prendre conscience que manger sucré n’est pas un besoin vital, mais plutôt une habitude tissée serrée qu’il est possible de détricoter maille par maille avec la motivation adéquate. Laissez tomber les desserts et boissons / cocktails sucrés au profit des fruits frais et de l’eau aromatisée maison / la vodka-soda-citron. 

Certains prétendent que 21 jours sont requis pour changer une habitude. Quoi qu’il en soit, soyez patients et assidus, nos papilles s’accoutument à un goût sucré moins prononcé!

Cliquez sur l'image pour la recette! 

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2.  Cuisiner avec des aliments de base

Cette recommandation tombe à point, alors que les marchés abondent de fruits et légumes cultivés localement et que le coup d’envoi de la saison du BBQ est lancé!

Qui dit « aliment de base », dit le plus « brut » possible, c’est-à-dire des denrées intègres pratiquement intouchées par l’industrie agroalimentaire. Bref, un filet de poisson avec du quinoa et des asperges, c’est OUI. Un repas standardisé, pesé, mesuré, emballé, surgelé, avec une liste d’ingrédients haute comme le ciel, c’est NON.

3.  Analyser les listes d’ingrédients

Bon, d’accord. Difficile de trouver le temps de tout préparer ses repas soit même from scratch. Heureusement pour nous, l’industrie n’est pas l’incarnation du diable; elle peut vous offrir des options saines qui ne dissimulent pas des tonnes de sucre ajouté. Il n’y a qu’une seule façon de repérer ces aiguilles dans la botte de foin : scruter minutieusement les listes d’ingrédients et bannir les produits qui contiennent l’un ou l’autre des 500 synonymes de "sucre" (voir le Petit glossaire des sucres ici). Vous verrez qu’après 5 jours, vous serez des pros! 

4.  Limiter ses sorties au resto

Malgré toute notre bonne volonté de faire des choix sensés au restaurant, impossible - même pour nutritionniste - d’évaluer avec justesse la quantité de gras/sel/sucre utilisée par le chef. Le sucre est en effet bien efficace pour équilibrer et rehausser les saveurs, de sorte que l’on en retrouve dans la majorité des plats, de l’entrée au dessert, sans oublier les boissons. Profitez donc de nos rares journées chaudes et ensoleillées pour pique-niquer dans un parc de quartier ou dans une place publique du centre ville!

Cliquez sur l'image pour voir la collection d'objets pique-niques de nos amis d'Avenue Coloniale!

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5.  Exercer sa créativité

Ne donnons pas raison à notre ennemi public #1 : couper le sucre ne doit pas rimer avec privation et bouffe sans goût. Voyez plutôt la démarche comme un catalyseur de créativité en cuisine! Jouez avec les éléments de la nature pour créer de douces combinaisons débordantes d’arômes complexes et réconfortants. Fruits frais, fruits séchés, noix, cacao, vanille, cannelle, citron… tout est permis. Durant le défi 500 sucres, je vous présenterai d’ailleurs 5 recettes de mon cru pour vous le démontrer (1 par jour, du lundi 16 juin au vendredi 20 juin) .

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Cela dit, nous encourageons tous ceux qui désirent se manifester haut et fort contre le sucre à se joindre au Mouvement HappyFitness et à embarquer dans notre défi 500 sucres dès lundi prochain! Après tout, c’est quoi 5 jours dans ta vie?

NB : Mille et une façon sont à votre disposition pour m’adresser vos questions de nutrition ou vos interrogations culinaires (email, cellulaire, Facebook, en personne). C’est gratuit et ça me fait toujours plaisir d’y répondre, profitez-en! 

 

Pour en savoir plus / Références:

Grabyzs-Forget, Fanny. Le sucre : ennemi public #1. 

Soechtig, Stephanie. Fed Up. 

Lustig, Robert. Sugar : The Bitter Truth. 

Schaub, Eve O. A year of no sugar. 

Beck, Leslie. Taming that sweet tooth, The Globe and Mail. 

Weeks, Carlie. Too much sweetness: ‘All sugars aren’t the same’. The Globe and Mail. 

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